Hanoi J294 Vietnam

Hanoi l'Européenne

Ecrit le 4 janvier 2017 à Hanoi 

 

Pour soigner ce moral en berne, j'avais donc décidé de poser mes sacoches à Hanoi pour une durée d'un peu plus d'un mois. J'avais besoin de me sentir appartenir à un lieu, de prendre des repères, me trouver une routine, fréquenter des gens plus d'un jour ou deux … C'est Yohann, cyclo-campeur rencontré à Istanbul qui m'a vanté les mérites de la ville et m'a donné l'idée d'y faire une pause. J'avais aussi un contact sur place, Jonathan, qui m'a mis bien à l'aise et s'est appliqué à me révéler quelques secrets bien gardés de la capitale vietnamienne. 

 

Concrètement, ma première impression d'Hanoi a été celle d'une ville congestionnée et polluée. Il m'a fallu quelques jours pour commencer à l'apprécier et m'y sentir comme chez moi. Ce qui m'a frappé en premier, c'est ce lourd trafic urbain, intense et étouffant. On pourrait le comparer au flux d'une rivière, toujours en mouvement, rien ne pouvant entraver le flot des scooters et des voitures. Pendant les heures de pointe, il n'est pas rare de voir déborder les deux roues sur le trottoir. Et tant pis pour les piétons ! En fait, la seule règle valable dans tout ce marasme, c'est qu'il n'y en a pas. Tout est permis, et le seul facteur qui permet d'éviter de nombreux accidents c'est la vitesse moyenne générale assez basse. En fait, tout le monde reste sur ses gardes et sait que le danger peut arriver de tous les côtés. A Hanoi, chaque chauffeur est un chauffard potentiel … Après, pendant les heures creuses, la cité devient presque agréable à parcourir. Et après minuit, il n'y a presque plus personne pour chauffer le tarmac. 

 

Car Hanoi est une ville de contraste. Si l'on s'attarde un peu à déambuler dans toutes ces ruelles labyrinthes, on y découvre de nombreux coins tranquilles voire même romantiques. C'est ce qui fait tout le charme de la ville. Plus on la connaît, plus on repère de ces petits endroits privilégiés et plus on s'identifie à la cité. Hanoi dévoile ses mystères au compte-goutte, juste assez pour avoir envie d'y rester chaque jour encore un peu plus. J'ai même parfois eu l'impression de retrouver l'ambiance de ma bien-aimée Barcelone ! Avec toutes ses petites places secrètes, son architecture désordonnée et ses nombreux cafés-terrasses. 

 

Ce qui tranche par contre avec la capitale catalane, c'est le manque flagrant de liberté. On ressent fortement la présence policière, et si le couvre-feu n'est plus de mise, les réflexes sont restés et la grande majorité des habitants sont loin d'être des noctambules. La plupart des terrasses du centre sont évacuées à minuit pile par des escouades de contrôle officielles, à coup de haut-parleur. C'est alors l'heure du repli stratégique. Il existe quelques endroits pour les couche-tard, fréquentés pêle-mêle par les backpackers, expats et une partie de la jeunesse locale. Lieux tolérés par les inquisiteurs locaux moyennant graissage de patte régulier. Au sein de la capitale viet, la petite corruption bat son plein. 

 

Ce qui fait aussi la particularité d'Hanoi, se sont ses nombreux lacs et étendues d'eau. Ils aèrent la ville et sont propices à la relaxation. Ce sont les poumons de la cité, des indispensables régulateurs de stress urbain et des fournisseurs prolifiques de ces petits coins romantiques précédemment évoqués. J'ai moi-même choisi d'habiter près de l'un de ses réservoirs, celui de Gian Vô. Le plus grand d'entre eux, Tay ho (ou West Lake), est un monde à part, riche, paisible, où j'ai aimé me ressourcer quotidiennement pour m'extirper du chaos ambiant. C'était aussi l'endroit idéal pour continuer à pratiquer la bicyclette. 16 km pour un tour complet.

 

Au final, j'ai vraiment aimé Hanoi, j'ai adoré m'y perdre, m'y retrouver, et cela a été surtout l'occasion de me donner de nouveau l'envie de voyager, de repartir. De faire une pause salvatrice. J'ai aussi découvert un endroit où je pourrais parfaitement couler quelques mois si jamais un jour une opportunité professionnelle s'y présente. 

 

Ce serait pour moi l'occasion de revenir y manger mon « Bun Cha » quotidien. C'est mon repas préféré au Vietnam. Je ne rate jamais l'occasion de m'en enfiler un. Concrètement, c'est une sorte de marinade à la sauce poisson contenant du porc braisé et des légumes (carottes, papaye …). On y rajoute ensuite à sa guise vermicelles et herbes fraîches (coriandre, menthe, salade, etc …). Le tout est frais et délicieux. Chic et pas cher. Et surtout très addictif. Sans compter que chaque établissement a sa propre façon de l'accommoder, c'est un plaisir renouvelable et sans fin.

 

Cette fin de mois de décembre a été aussi celle de retrouvailles cyclocampestes, avec le retour annoncé d'Alessio et Binh qui eux ont décidé de s'installer et de se rapprocher de la famille après une grosse boucle dans le Laos. Ce fut aussi une étape supplémentaire dans le voyage de Nico et Gokben, mes hôtes warmshower de Chengdu. Tous les 5, nous avons fini l'année en apothéose, avec un séjour court mais mémorable sur l'île de Catba, tout près de la baie d'Halong. Nous y avons fêté comme il se doit le passage à l'année 2017. 

 

Alors voilà, pour cette nouvelle année, je vous souhaite de beaux voyages, de nombreuses découvertes, quelques (bonnes) surprises, mais aussi de l'amour et une santé de fer ! Que 2017 soit l'année des rêves qui se réalisent !

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