Chiang Mai J384 Thailande

Le paradis du cyclocampeur ?

Publié le 7 Apr 2017
Écrit par Sebaroudeur

Ecrit à Chiang Mai, le 4 avril 2017 – km 11340 (au total 17340 km depuis la France)

C'est avec curiosité et envie que je m'engageais sur les routes du pays qui à la base devait être l'étape finale de ce voyage. Jusqu'à présent, chaque contrée sur ce continent m'a proposé des plaisirs différents et des challenges renouvelés, et je dois avouer que je ne m'imaginais pas en mettant les roues au Japon il y a un an de ça découvrir autant de richesses et de différences entre chacun des pays asiatiques. La Thaïlande va même un cran plus loin dans les sensations de liberté et de bien-être. 

 

Le réseau routier y est pour beaucoup. Du bel asphalte pour de nombreuses petites routes de campagne, à l'instar des voies communales françaises. Il me donne la capacité d'improviser, de flâner au jour le jour sans pour autant me retrouver dans des bourbiers sans nom. Avec souvent au détour d'une de ces chaussées bucoliques, l'apparition soudaine et lointaine, voire mystique d'un pharamineux bouddha en or ou d'un stupa non moins colossal. Cela pose le décor.

 

A cela, j'ajoute la sympathie sans fin des locaux. Mais quand ce dégoulinement de bienveillance et d'amabilité va-t-il s'arrêter ? Même si je retrouve ici un relatif anonymat, ils ne sont jamais avares d'un sourire bien placé ou d'une petite conversation au coin d'une rue. Ils s'assurent aussi régulièrement que je pédale dans la bonne direction ou que je ne manque de rien. D'ailleurs, le voyage pourrait aussi bien se résumer à ça : la récolte aux sourires. Au plaisir simple de saluer et se faire saluer en retour. C'est hautement addictif et toujours amusant de constater dans les yeux des badauds l'incrédulité ou l'enthousiasme. Les Thaïlandais, les gens les plus sympas du monde !

 

Il y a aussi le retour à une cuisine variée et délicieuse. Brochettes, pad thai, kaosai, riz sauté, fruits exotiques au goût extraordinaire ... les nombreuses spécialités locales me comblent papilles et estomac. En fait, je passe mon temps à bouffer. Réchaud et popote se retrouvent progressivement bien cachées tout au fond de mes sacoches, l'accès à cette manne nourricière étant facile et peu chère via les multiples et achalandés marchés de jour et de nuit. Il est tout aussi aisé de se ravitailler en liquide : avec ces petites bornes distributrices d'eau potable, je remplis mes gourdes pour seulement quelques baths !

 

Cela fait de moi de nouveau un cyclo-campeur totalement disposé à recevoir ces petits moments de bonheur intense qui arrivent furtivement, sans prévenir, et qui décuplent l'énergie de continuer. J'irai même jusqu'à affirmer : le voyage pourrait aussi bien se justifier uniquement par la recherche de ces moments fugaces, où les astres semblent converger vers la procuration de cette félicité tant convoitée. J'apprécie aussi beaucoup ce temps en solitaire. Cette solitude que je recherche et qui me permet la méditation en mouvement et une reprise en main de mon destin nomade. 

 

Serais-je arrivé au paradis des cyclo-campeurs ? Peut-être, oui, par intermittence. Car je redescends bien vite sur terre, lorsque je me retrouve à pousser mon vélo sur une pente à 15-20 % dans un petit fumet de champ brûlé le tout sous un cagnard dépassant allégrement les 40°C. Ces instants-là me donnent plutôt un avant-goût de ce que pourrait être l'enfer.

 

J'arrive en Thaïlande pile poil pour le début de l'été et ses températures caniculaires. Le nord du pays qui aurait du être si vert et luxuriant me propose maintenant des paysages arides et un sol dur comme de la pierre. L'horizon est en permanence feutré par les émanations de fumée issues de la culture sur brûlis et les incendies volontaires de forêts (sans pour autant gêner la respiration et l'expérience cycliste). Je retrouve toutefois ce vert chatoyant subsistant sur les rizières encore irriguées, et la nuit le mercure tombe juste assez pour me permettre de respirer et de me régénérer pour le jour suivant. Le répit dure jusqu'à environ 10h du mat, après ça cogne sévère. 

 

J'imagine aussi qu'il doit y avoir un problème dans la formation des ingénieurs de la DDE locale. Ou qu'ils ont suivi leur cursus en Corée du Sud. Depuis ce pays justement je n'ai jamais vu de gradients de côte aussi démesurés ! Il n'y a aucune notion de progression dans les montées, quand on pense avoir fait le plus dur, et bien souvent ils en rajoutent une nouvelle couche. Il vaut mieux regarder ses cartes à deux fois avant de s'engager sur une petite route de montagne. Pour le salut de l'âme et des mollets. 

 

Pour une raison inconnue cette fois-ci, c'est le retour des chiens agressifs. Sans toutefois atteindre le niveau de paranoïa provoqué par les attaques canines grecques, je dois de nouveau faire gaffe à ces poursuites inopportunes de clébards énervés. Une combinaison de chiens stupides et de portails ouverts. Bizarrement, ils se la ramenaient moins dans les pays où ils passaient à la casserole. 

 

Après la frontière avec le Laos, j'ai tout d'abord rejoint Chiang Rai et son magnifique temple blanc. Pour ensuite continuer sur les petites routes pour relier le lac de Phayaho. J'ai ensuite essuyé mes premiers reliefs en me rendant à Nan puis Nanoi, où je fus accueilli les bras ouvert par Nan, sa famille et ses amis. J'ai ensuite découvert Phrae et l'architecture de ses maisons traditionnelles en bois de teck. Pour enfin prendre la direction de Chiang Mai en passant par la paisible et pittoresque Lampang. J'ai choisi cette route pour son éloignement de l'itinéraire touristique habituel et privilégier les rencontres. Un choix que j'estime plus que payant et qui m'aura apporté beaucoup de plaisir et de tranquillité. Il y a eu notamment de beaux et nombreux bivouacs. J'ai même eu le privilège de me faire héberger dans un petit temple où j'ai dormi sous l’œil bienveillant du bouddha.

 

Je suis actuellement à Chiang Mai, seconde ville du pays et capitale du nord, qui regorge de petits trésors de marchés et de temples tout aussi charmants les uns que les autres. Une escapade culinaire et reposante guidée par Eh, locale de l'étape, qui a eu la gentillesse de m'héberger quelques jours et la bonté de me faire découvrir ses restaurants préférés. Prochaine destination : Bangkok !

 

Album

Parfait premier bivouac bien cachéBadaam House - Chiang RaiWhite Temple - Chiang RaiLac de PhayahoMes hôtes d'un soirÇa monte sec !Golden Temple de NanNan (de Nanoi) et sa familleFormations rocheusesC'est parfois bien sec ...Eh, mon hôte de Chiang MaiMoment spirituel avec mon ami Ronald

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Laos, sur la montagne

commentaires

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Sam
8 Apr 2017

"Beautiful pictures as usual, I enjoy them immeasurably "

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"Merci de partager ce merveilleux baroudage...;) Récolte de sourires... papilles comblées... petits moments de bonheur qui arrivent sans avertir.... j'ajoute la sensation de vivre pleinement!

mais 40 degré c'est plus que le client en demande..;)

bonne route

Denyse"

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Charlotte
10 Apr 2017

"Merci pour ces nouvelles de Thaïlande. Tu as l'air prêt à continuer. La Birmanie ? Il semble y a voir beaucoup de peuples différents et de paysages à découvrir dans ce pays. Bonne continuation ! "

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Nicole.leroux
11 Apr 2017

"C'EST VRAIMENT LE PEUPLE LE PLUS GENTIL AU MONDE C'ETAIT DEJA NOTRE AVIS IL Y A PRESQUE 40 ANS DONC ILS N ONT PAS CHANGE PROFITE BIEN DE CETTE BELLE LIBERTE QUE TU AS LA CHANCE D'AVOIR PU T'OCTROYER Bises de nous deux Nicole "

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Monique Denouël
15 Apr 2017

"Comme à ton habitude tu nous régales de lectures et les yeux. Bonne continuation Bises
"

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