Gefira Mpania J159 Grèce

La balade grecque

Ecrit le 07-12-15 à Patras (Grèce), km 2900 (+2700) - Jour 159

- Deutchland ? (deux options : ou je ressemble au prototype du cyclocampeur allemand, ou alors c'est une petite vérification d'un ennemi potentiel)
- No, France
- Ah, Holland ...
- No no, France
- Yes, François Hollande !
- Aaaah, OK :)

(On ne rate jamais une bonne blague avec notre François national)

Ainsi parfois un brin surréalistement les grecs entreprennent de briser la glace. Car ils ne manquent jamais de faire fonctionner leur curiosité, à mon plus grand plaisir. Dès lors que je m'arrête de pédaler, je me prépare à l'éventualité de tenir quelques bribes de conversations avec les gens de passage. On m'invite à boire un café, on m'offre des oranges, on me demande d'où je viens, où je vais. On ne perd jamais une occasion de me sourire et de me saluer. Yassou ! Ou bien Yass, Ya-Ya, Ya, Yassin,Ya filé, sans compter autres kalimera et j'en passe, énoncer le bonjour se décline à l'infini. Ou comment se présenter en entretenant la surprise. Le mieux dans tout ça, c'est que cette gentillesse est tout à fait gratuite. Oui, les grecs sont sympas par pur plaisir, ils n'ont rien à vendre au touriste de passage que je suis, seulement un moment à partager. Et je parierai même qu'ils sont tout aussi aimables avec le cyclocampeur allemand :)
 
Ce qu'on m'avait promis pour la côte croate, c'est finalement en Grèce que je le trouve. Une belle route littorale, sauvage, peu empruntée, avec des paysages à couper le souffle, une belle succession de montées et descentes maîtrisées, des petits villages de pêcheurs où le temps semble s'être arrêté … Longer l'Adriatique grecque me rend serein et heureux. Elle m'offre une toute nouvelle plénitude. Lorsque cette chaussée est complétée par un noble sentier de montagne, parées de ses plus chatoyantes couleurs d'automne, je peux vous assurer tranquillement que c'est l'itinéraire idéal pour cette fin de périple, un bel atterrissage en douceur. Le tout sur fond de températures encore estivales au cœur de la journée (jusqu'à 20°C et un soleil qui cogne) avec des nuitées nettement plus fraîches.
 
C'est une expérience en solo, de nouveau. Nos routes se sont séparées à Igoumenitsa, au second jour de notre sortie d'Albanie. Ce fut de bien belles semaines, intenses, à se découvrir puis s'apprécier. Je suis très heureux d'avoir partager ces moments avec Calvin, Max et Mona. C'est aussi une manière de voyager assez différente que prendre la route en solitaire. Le groupe prime sur l'individu, les décisions doivent être prises à l'unisson, un équilibre se créée, se perd, se retrouve. C'est un petit concentré de vie en communauté ! Au final, je sors de ce mois en équipe avec l'impression de connaître ces joyeux drilles depuis fort bien longtemps. 
 
Cependant, rouler pour ma pomme me manquait aussi (tout autant que mes ex-acolytes me manquent actuellement). Prendre mes propres décisions, m'arrêter inopinément pour photographier, m'attarder sur un détail, dénicher à l'improviste un endroit pour y passer la nuit … Je peaufine de nouveau mon art du bivouac, et goûte avec un petit plaisir égoïste les moments passés seul en compagnie des arbres, du sable et des couchers de soleil … Et même parfois de quelques renards !
 
Il y a toutefois une petite ombre au tableau : les chiens. En temps normal, je les adore. Ils deviennent cependant pour le cycliste l'ennemi héréditaire n°1, une menace qui a commencé à se manifester depuis la Croatie et qui prend ici une toute autre dimension. Ils défendent crocs et griffes leur territoire, avec zèle et acharnement. Tout va bien lorsqu'ils sont attachés ou séparés de mes cuissots par une clôture. Mais il arrive parfois quelques surprises : des portails mal fermés ou bien des chiens errants qui eux aussi ont leur soucis de gestion de lopin de terre … Je reste donc sur mes gardes à chaque aboiement, vérifiant par ici si la laisse est bien accrochée, par là si le grillage est bien ficelé. Avec dans la poche un petit caillou à brandir qui fait toujours son effet mais qu'heureusement je n'ai jamais encore eu à utiliser. C'est devenu ma caillasse porte-bonheur, dont j'espère n'avoir jamais à me séparer.
 

Album

IgoumenitsaAmfilochiaSpot bivouac d'un soir

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commentaires

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"oui...paysages à couper le souffle....cieux rayonnants...rencontres sympathiques....humour...décisions personnelles....plaisir intense.....

bon retour vers le bercail..;)

et mon temps des Fêtes..

denyse/ly"

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Sebaroudeur
14 Dec 2015

"merci Denyse, joyeuses fêtes à toi aussi :)"

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